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L’affaire Sokal

mardi 13 janvier 1998

Au début de l’année 1996, le physicien Alan Sokal, de l’Université de New York, soumet à la revue américaine Social Text un article au titre étrange : « Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique » (1). Dans cet article de 36 pages, truffé de 109 notes qui renvoient à une imposante bibliographie de 218 références, l’auteur commence par passer brièvement en revue quelques questions philosophiques et idéologiques soulevées par la mécanique quantique et la relativité générale classique. Il esquisse ensuite une théorie de la gravitation quantique et discute des questions conceptuelles que cette dernière soulève avant de conclure par quelques commentaires sur les implications culturelles et politiques de ces développements scientifiques. Les éditeurs de Social Text publient l’article au printemps de la même année sans s’apercevoir qu’il s’agit d’un canular. Sokal révèle au même moment la supercherie dans Lingua Franca (2). La New York Review of Books ouvre alors ses colonnes au prix Nobel Steven Weinberg qui loue l’initiative de Sokal. Avec Bricmont, Sokal rassemble ensuite des extraits de Lacan, de Kristeva, d’Irigaray, de Latour, de Baudrillard, de Deleuze, de Guattari et de Virilio, textes qu’ils analysent et commentent dans le livre Impostures intellectuelles (3) qu’ils viennent de publier.

- (1) « Transgressing the Boundaries : Toward a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity », Social Text 46/47 (spring/summer 1996), p. 217-252.
- 2) « A Physicist Experiments with Cultural Studies », Lingua Franca, Mai/June 1996.
- (3) Impostures intellectuelles – Paris : Odile Jacob, octobre 1997.

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